L’Algérie, une belle idée

Au milieu du siècle dernier, de jeunes idéalistes conduisirent une révolution populaire et parvinrent à défaire la 4ème puissance mondiale dans ce qui sera l’une des plus grandes épopées de l’histoire moderne. L’Algérie venait d’inscrire son nom en lettre d’or dans les livres d’Histoire. La libération du pays aura exigé le sacrifice de millions de chahids mais ce sang versé marquera notre terre du sceau de la sacralité.

Le romantisme révolutionnaire algérien qui avait, en son heure, inspiré tant d’autres luttes d’indépendance, semble aujourd’hui se rappeler au bon souvenir de l’opinion publique africaine et faire porter sur l’Algérie tous les espoirs d’un continent opprimé et humilié, notamment au regard de ses positions fermes et réaffirmées sur les questions d’autonomie et de souveraineté des peuples ainsi que son soutien des causes justes.

Car l’Algérie, bien plus qu’un pays, est une idée. Elle est une création certes, mais une création du génie algérien. La Révolution Algérienne avait réussi car elle était portée par des valeurs humanistes et la foi en un idéal de justice et de société égalitaire plaçant la personne humaine, son développement et son épanouissement au centre de son action.
Il s’agissait de réinventer un nouvel humanisme, définir ses priorités, mais sans en restreindre les champs pour une ouverture vers un horizon de tous les possibles. L’idéal révolutionnaire avait suscité une sorte de « désir d’Algérie » et soulevé un élan d’enthousiasme dépassant largement les frontières nationales.
Il faut dire que notre pays a de tout temps exercé une attraction, voire une fascination et éveillé les convoitises. Sa position stratégique et ses abondantes richesses ont en fait un carrefour des civilisations où Phéniciens, Grecs, Romains, Byzantins, etc s’établirent et marquèrent de leur empreinte notre histoire multimillenaire.
Ainsi, de toutes les possessions africaines, rares sont les pays qui ont connu une politique de peuplement colonial aussi systémique et poussée que l’Algérie (elle reste cependant la seule nation à avoir livré une guerre d’indépendance et chassé tous les colons). C’est dire l’importance qu’elle revêtait pour la métropole.
Et pour cause. Notre pays a été béni par Dieu au travers d’un vaste territoire (le plus grand d’Afrique) et d’immenses richesses (paysages variés, ressources naturelles, patrimoines culturels, historiques etc) dont Il l’a dotée. Est-ce un hasard si l’Algérie est l’un des berceaux de l’humanité, si son territoire reçoit l’un des plus grand nombre d’heures d’ensoleillement au monde, si son sous-sol renferme l’une des plus grande nappe phréatique de la planète, etc ?
Toutefois sa première richesse réside dans son peuple, un peuple capable, comme il l’a démontré au cours de son histoire, de tous les prodiges. Et c’est à lui que revient le devoir de se montrer digne de toutes ces largesses divines.
Nos aînés n’ont-ils pas réalisé des merveilles contre toute attente, défiant tous les pronostics ? L’Algérie, qui, à l’indépendance, ne comptait tout au plus que 1 à 2 universités et hôpitaux, dipose aujourd’hui d’au moins une université dans chaque wilaya et d’un maillage sanitaire relativement satisfaisant du territoire national, la faisant figurer à la 1ère place du continent en terme d’IDH. Ajoutons par ailleurs que notre pays est désormais considéré comme une puissance continentale et la 1ère au niveau régional.
A noter que ces réalisations ont été obtenues en dépit de moyens matériels et humains insignifiants : une poignée de cadres ayant suivi une formation universitaire, pratiquement aucun ingénieur, etc, résultat de l’oeuvre de destruction des cultures et des civilisations du colonisateur. Comment alors rendre compte de ces réalisations, ces extraordinaires prouesses autrement qu’en les qualifiant de véritable miracle.
Que ne pourrait-elle accomplir aujourd’hui au vu de ses immenses ressources naturelles et culturelles, ses hommes et femmes dont les qualités sont reconnues mondialement dans tous les domaines des activités humaines : sciences, arts, littérature, musique, sport, etc.
Dans le secteur de l’industrie, l’Algérie est un des rares pays à prétendre développer des programmes autonomes dans plusieurs secteurs, notamment dans le renouvelable, en particulier dans le solaire. D’importants gisements de silice ont été découverts pour la fabrication des panneaux photovoltaïques (Sig, Chlef, etc) et son territoire reçoit l’un des plus grand nombre d’heures d’ensoleillement dans le monde.
 Il s’agirait ici de créer une grande entreprise publique, un champion national (Renewable Energy Algeria company : la REAL company) susceptible de drainer des compétences, stimuler tout un réseau de sous-traitance et lancer d’ambitieux projets.
Il ne fait aucun doute que ce fleuron industriel, emblème de l’Algérie nouvelle, rayonnera aux niveaux continental et international car il réunira des patriotes ayant à coeur de participer à un projet qui fera de l’Algérie un pays à l’avant-garde de la transition, de la révolution énergétique.
A l’instar de leurs aînés qui avaient contribué à la réussite de la Sonatrach, ils participeront à la naissance d’un véritable mythe, celui de pionniers ayant œuvré à l’une des plus grandes réussites de notre nation.
Il en va de même pour :
– le nucléaire où notre sous-sol est doté de réserves d’uranium non négligeables,
– la sidérurgie : la mine de de Ghar Djebilet est l’une des plus grande au monde,
– le phosphate,
– etc, jusqu’au spatial, où les satellites peuvent être lancés à partir du territoire national vue son étendue (la France n’avait-elle pas établi une base de lancement à Hammaguir ?)
Dans l’agriculture, l’Algérie peut promouvoir et placer sur le marché mondial des produits bio d’une qualité et d’une saveur exceptionnelles. Les Algérien-ne-s résidant à l’étranger pourront témoigner de leur goût incomparablement supérieur.
En outre, comme l’Algérie dispose d’un vaste territoire et repose sur la plus grande réserve d’eau douce du monde, la nappe de l’Albien, dont 70% se trouve sur son territoire, elle a la possibilité d’effectuer, pour un certain nombre de cultures, une seconde récolte (d’arrière-saison) grâce à son grand sud.
Bien évidemment, cette nappe doit faire l’objet de toutes les attentions et être préservée en multipliant les stations de dessalement et en généralisant les stations d’épuration des eaux usées. Elle n’a été évoquée ici que pour illustrer une fois de plus ces extraordinaires prodigalités ou plutôt miracles manifestés à notre pays. L’activité agricole devra, de toutes les manières, être encadrée par des instituts de recherche en milieu saharien pour le protéger d’un épuisement et d’une mort définitive.
Du reste la recherche scientifique, l’industrie du savoir constituent le socle sur lequel reposent tout développement, tout essor d’une nation désireuse de se projetter dans l’avenir et s’inscrire dans la pérennité. Aussi doit-elle mettre l’accent sur la promotion du savoir et de la matière grise et consacrer aux alentours de 2% du PIB à la recherche scientifique afin de créer les conditions optimales pour un décollage de son économie et une véritable souveraineté.
Ainsi, la nouvelle Algérie, grâce à la contribution de tous ses enfants, pourra relever le défi du développement et de la prospérité et se donner les moyens de ses ambitions. Et portée par sa bonne étoile, qui l’a accompagnée jusqu’ici et lui a fait éviter d’innombrables écueils qui auraient englouti tout autre nation, notre Algérie éternelle accomplira encore, à n’en pas douter, de véritables miracles.
1 Comment
  1. Mohamed Redha Chettibi says

    Dieu seul sait combien cette plume nous a manqué sur Jazair Hope.
    Texte magnifique Miloud mon ami.
    Merciiiiiiiiiiiiiiiiiii

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