L’artiste s’est produit à guichets fermés : Aït Menguellet enflamme l’Olympia de Montréal

Rien n’est plus merveilleux que de passer un moment à écouter le troubadour de la chanson kabyle Lounis Aït Menguellet. Il en a subjugué plus d’un lors d’un gala qu’il a animé samedi soir à la salle mythique l’Olympia de Montréal. Et à guichet fermé! En effet, Aït Menguellet a drainé, comme à l’accoutumée, la grande foule. Il a rassemblé, l’espace de trois heures, plusieurs générations de ses admirateurs. Du grand-père ou de la grand-mère aux petits-enfants. Une belle image ! Si Lounis a su faire vibrer toute l’assistance, il a magistralement remonté le fil des années. C’est vers 20h30 que cette même assistance, assoiffée d’une poésie forte et dense, d’un style musical sobre et beau, a accueilli comme il se doit son idole. Elle lui a fait un triomphe à son entrée sur scène, l’a écouté attentivement quand il s’est exprimé, énormément apprécié quand il l’a transportée dans ce monde de rêve qu’il chante. L’auteur de l’immortel JSK souhaita la bienvenue à tous, oubliant presque que c’est lui l’invité de toute cette foule. Ainsi, l’homme au verbe incisif et aux textes frappés de bon sens inaugura cette soirée par sa célèbre chanson Tizurar ref idurar (collier de montagne).  « Quand il est loin de toi, la nostalgie envahit nos cœurs, les uns se remémorent le chant, les autres revoient les rivières, tirant augure de tes montagnes O mon pays, celles-ci nous transmettent leur puissance, notre âme est liée à ton sol O mon pays », une chanson à texte magistralement composée durant les années 90. Puis suivent les chansons dites d’amour telles que Ouryissadja (ne me laisse pas), rappelant, à coup sûr, Ne me quitte pas de Brel, Svar ayouliw (aie la patience mon cœur). Des chansons d’amour très appréciées par le public. D’ailleurs, où peut-on trouver ce beau cliché, celui de voir une vieille dame et sa petite-fille reprendre en chœur les œuvres du chanteur, si ce n’est uniquement chez celui que Kateb Yacine a qualifié de plus grand poète actuel ?  L’artiste a clos le spectacle par l’inégalable JSK, une chanson dédiée au club de football le plus titré de l’Algérie, mais aussi avec l’inoubliable Kechini ruh nek adéquimagh (Pars, moi je reste), sous les applaudissements chaleureux de son public.

Ait Menguellet à Ecotimes : «la tenue des spectacles  vise à reprendre contact avec les gens».

Rencontré en marge du gala, Lounis Ait Menguellet a indiqué, dans une déclaration à Ecotimes, que le but de l’organisation, il y a quelques semaines, de spectacles dans diverses villes en Algérie était « de reprendre contact avec les gens, car ça nous a manqué beaucoup. Donc, il fallait rétablir un peu les normes. Et je crois que ç’a été très  bien fait, grâce aux gens. Ils étaient au rendez-vous. Cela m’a fait vraiment chaud au cœur. J’espère que la situation va se rétablir» souhaite-il.

Amirouche Messaoudi, organisateur du spectacle d’Ait Menguellet : «Je ferai tout mon possible pour  le faire revenir ici à Montréal».

Lounis Ait Menguellet, c’est lui. Rabah Asma, c’est lui. Mohamed Allaoua c’est encore lui… Amirouche Messaoudi, alias Moumouh, est l’homme qui a fait venir plusieurs artistes kabyles se produire dans la très prisée salle de l’Olympia de Montréal. À travers son agence spécialisée dans l’évènementiel ME2S, le patron du très célèbre café Tikdjda de Montréal fait le bonheur de toute la communauté.  «J’ai déjà organisé le spectacle d’Ait Menguellet en 2017 dans le cadre du 50e anniversaire de sa carrière »,  a-t-il déclaré à Ecotimes. Et d’ajouter que la salle l’Olympia répond parfaitement aux besoins de l’artiste et de son public. Petit bémol : aussi bien les amoureux de l’artiste, l’organisateur du spectacle, mais aussi Lounis lui-même, tout le monde souhaite que le passage montréalais se fasse en deux soirées. Mais faute de la disponibilité de la salle, une seule date est arrêtée. D’ailleurs, beaucoup de personnes n’ont pas pu acheter un billet.

«Je vous dis une chose : ça me fait toujours mal de ne pas permettre aux gens d’assister faute de billets. Et j’ai tout fait pour avoir une 2e date, mais en vain. La salle l’Olympia est déjà réservée durant cet été», regrette-il. Et de promettre d’organiser un autre spectacle de Lounis dès que possible.

Actifs au sein de la communauté, certains Algériens établis ici au Canada ont contribué à la réussite du gala de Lounis. À titre de sponsors, certains ont tout fait pour que le spectacle soit une réussite totale. On peut citer le courtier immobilier Karim Ighil, maitre Khaled Larbi Cherif, notaire et conseiller juridique, Youcef Ait Seddik, courtier hypothécaire et Zahir Hani du domaine des assurances. S.B.

De notre correspondant à Montréal Salah Benreguia

ecotimesdz.com

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