Le mythe de la construction de l’Algérie ou les soi-disant belles réalisations de la France coloniale   

Véritable antienne, le refrain sur « l’oeuvre civilisatrice » de la France impériale s’invite régulièrement dans le débat public français pour chanter les louanges et les bienfaits de la colonisation, réanimant ce vieux souvenir d’un paradis perdu chez une frange d’une population nostalgique et revancharde.

Non, la France n’a rien construit en Algérie, du moins rien qui puisse profiter aux « indigènes ». L’unique hôpital et université que comptait le pays ainsi que les infrastructures dont il était doté n’avaient été aménagés que pour satisfaire aux besoins du million de colons vivant dans les grands centres urbains.
Quant aux régions agricoles, leurs terres fertiles étaient systématiquement détournées au profit de cultures « commerciales » destinées à l’export vers la métropole (principalement agrumes, vignes) plus rémunératrices que les cultures maraîchères ou céréalières, ce qui a eu pour conséquence le recul puis la disparition progressive du blé dans le paysage agricole de cette région, autrefois grenier de Rome et plutard de l’Europe. Le début de la crise avec la France n’avait-elle pas pour origine une certaine dette contractée pour des livraisons de céréales non honorée ?
La propagande des années 50 vantant les réalisations de la France coloniale et destinée aux opinions publiques hexagonales et internationales, suite aux premiers « incidents » et « événements insurrectionnels » algériens, arrivait bien tard. Elle ne pouvait cacher l’extrême misère dans laquelle avait plongé la sauvagerie de la colonisation la majorité de ces indigènes exclus et relégués à la périphérie du havre de prospérité que s’étaient bâti le colon. Elle pouvait encore moins endiguer le mouvement national de libération du peuple algérien qui aboutira à son indépendance.
Nous n’évoquerons pas ici les expropriations, massacres, tortures, enfumades, le napalm, les viols et autres joyeusetés de l’oeuvre civilisatrice du colonialisme. Contentons-nous uniquement des bilans économiques et comparons les réalisations durant les deux périodes récentes de l’histoire algérienne.
La France, en 132 ans d’occupation, n’aura érigé qu’1 seul hôpital et 1 seule université (pour les colons bien entendu, rappelons-le une nouvelle fois), construit largement moins d’1 millions d’habitations, quelques routes, chemins de fer et aura laissé une population illettrée à plus de 90% (zéro étudiant ayant suivi de hautes études universitaires), aucun ingénieur, médecin, dentiste, etc. Bien loin de certaines voix qui glorifient encore les performances des exportations d’oranges de l’ère coloniale, l’agriculture algérienne, à vocation céréalière, aura été totalement destructurée, même disons-le, détruite.
De 1962 à nos jours, la population estudiantine est passée de pratiquement zéro à plus de 1,7 millions d’étudiants suivant leur cursus dans plus 115 universités répartis sur tout le territoire national. Le maillage sanitaire est sans conteste le plus développé de la région avec au moins un hôpital dans chaque wilaya. Quant au programme de logement, l’un des plus ambitieux au monde, il aura vu la construction de près de 4 millions d’habitations uniquement durant la période 2000-2020.
En terme de réalisations donc, il n’y a pas, comme on le dit dans le langage courant, photo. Autrement dit l’occupation française n’a eu pour effet que la destruction de la culture algérienne, dans toutes les acceptions du terme et de retarder le développement du pays. Un retard de plus 100 ans que des hommes et femmes mus par une foi inébranlable et une volonté exceptionnelle sont parvenus à réduire et à rattraper en un temps record.
L’Algérie ne doit rien à personne. Son Histoire et ses réalisations sont l’oeuvre de ses hommes et femmes, et sa prospérité, sa puissance seront celle de ses enfants.

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