Mr HASSEN KACIMI : La numérisation, le nerf de la guerre de la bonne gouvernance.

Le monde évolue vers le sommet de la technologie, des sciences et de l’innovation, sous tendu par une gouvernance de très haut niveau, où les actes de gestion sont dematerialisés , laissant la place à l’intelligence artificielle.
Si le président de la république a fait de la numérisation et de la modernisation son credo, lors de sa campagne électorale, son programme d’action dans ce domaine, semble être contrarié et n’avance pas au rythme fixé.
Les réformes économiques ne peuvent être efficaces, concurrentielles et attractives, que si la numérisation est érigée en acte fondateur de la gouvernance moderne.
En l’absence de la généralisation de la numérisation des actes de gestion , les réformes économiques peuvent être compromises par la bureaucratie, dont les réseaux ont intérêt à ce que la bureaucratie dure, pour préserver, à tout prix,une rente providentielle. C’est dans ces conditions où la transparence n’est plus de mise que l’opacité dans le secteur des finances, continuera à faire la loi, tant que la modernité ne s’est pas encore installée, dans ce secteur sensible et stratégique.
Les ronds de cuire font de la résistance et s’opposent, de manière énergique, au progrès .
Les premières victimes sont les acteurs économiques, qui sont livrés au maquis bureaucratique qui a renvoyé le classement de l’Algerie, dans le domaine du climat des affaires, au dernier rang .
Les projets de lois sur l’investissement et les activités commerciales, doivent construire une architecture seine de bonne gouvernance, devant améliorer nos classements, dans le domaine des affaires.
Déposer un G50, au niveau du service des impôts, ou se faire délivrer un livret foncier, au niveau du cadastre et de la conservation foncière, sont une punition infligée aux administrés, de manière répétitive et incessante.
Le service public est en difficulté et il continue de subir des oppositions au changement et à la modernité.
Les chaînes interminables, dans les services publics, sont la preuve que la gestion en ligne n’est pas encore arrivée.
Les transactions électroniques, constituent aussi un segment important de la numérisation et de la modernisation.
Dans ce secteur, il semble que ce dossier n’est pas pris en charge, avec tant de célérité, quand on voit tous les retards accusés dans ce domaine.
L’Algerie dispose d’une infrastructure hautement sécurisée, de la carte d’identité électronique et biométrique ( CNIB), comportant des applications, hautement sécurisée, devant prendre en charge toutes les transactions électroniques, en ligne. La CNIB qui est un document, justifiant l’identité et la nationalité, par voie biométrique et électronique , comportant un numéro d’identifiant national (NIN ), peut rapidement être érigée en moyen fiable de transactions électroniques.
Si on veut réaliser ces objectifs d’intérêt national, intimement liés à notre sécurité , la numérisation ne doit pas être une feuille de route ouverte, non délimitée dans le temps.
Pour réussir une telle réforme, la numérisation doit être absolument soutenue par un dispositif législatif nouveau, devant fixer la stratégie et les objectifs à réaliser, par secteur.

 

Le nouveau dispositif législatif pourrait introduire une période transitoire d’une année, au-delà de laquelle toutes les transactions commerciales seraient électroniques, sur présentation de la CNIB. L’identité du titulaire de la CNIB serait authentifiée par son empreinte biométrique, rendant ainsi impossible toutes malversations, en matière d’usurpation d’identité, dans les transactions commerciales.

La période transitoire d’une année, doit permettre à tous les opérateurs économiques et commerciaux de se doter d’équipement de lecture de la CNIB, et de permettre aussi à la direction des titres et des documents sécurisés, du ministère de l’intérieur, de rendre fonctionnelle cette nouvelle application

Les objectifs du président de la république, en matière de numérisation, sont stratégiques, particulièrement dans le domaine économique, dans le volet des finances, de l’investissement et du commerce.
L’amélioration du climat des affaires est tributaire de ces réformes, et là, tous les secteurs doivent s’impliquer, dans une synergie collective.
Les passifs très lourds de gestion, des décennies passées, nécessitent la conjugaison des efforts et une mobilisation optimale de salut public, pour surmonter de tels écueils rédhibitoires.
Les ambitions de l’Algerie sont grandes, c’est pour cela que l’année 2022 a été programmée, comme l’année des grandes réformes économiques, devant placer l’Algerie sur le podium des nations fortes et modernes.
Biographie M. Hassen Kacimi :

  • 1984 – 1998 – directeur administration territoriale
  • Sous directeur de la circulation des personnes, ministere de l’intérieur , 1998- 2008.
  • Directeur ministère de l’intérieur, 2008 – premier trimestre 2020.
  • Président du comité interministériel , chargé de l’étude et du suivi des problématiques migratoires ( 2015 – premier trimestre 2020)
  • Gestion des crises au sein du centre opérationnel ( 2015 – premier trimestre 2020)
  • Expert international des flux migratoires, reconnu par des organisations onusiennes. Expert du Sahel et de la gestion des crises .
  • Représentation de l’Algérie , à l’étranger , en tant qu’expert.
  • Plusieurs communications, à l’université de sciences politiques et l’école des sciences politiques, ainsi qu’à  l’école de guerre de Tamentfoust et l’institut des études stratégiques globales ( INESG )
  • Distinction de l’institut fédéral allemand des hautes études de sécurité .

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