NASSER KHABAT, MILITANT POLITIQUE ET ASSOCIATIF EN FRANCE À LA PARIE NEWS : « LE VRAI CHANGEMENT NE SE DÉCRÈTE PAS »

Nasser Khabat, militant politique et associatif  en France à La Parie News : « Le vrai changement ne se décrète pas »

Nasser Khabat fait partie de ces inénarrables patriotes algériens qui, quoique nés en France, ont été nourris à la mamelle bienfaitrice de l’amour pour la patrie. Convaincu par  le processus de redressement national initié par le président Tebboune, il compte mobiliser la communauté lyonnaise derrière cette nouvelle et salvatrice dynamique. Il en parle avec passion et enthousiasme. Pour lui, le salut est au bout du chemin…

La Patrie News : Quelles sont vos réactions et premières impressions au lendemain du discours historique du président Tebboune, sachant par ailleurs que le hirak donne l’air d’avoir recouvré une sorte de second souffle ?

Nasser Khabat : s’agissant du hirak, la situation me semble être bien loin qu’elle le parait à première vue. Des manifestations menées de l’intérieur. Cette résurgence peut également être liée aux règlements de comptes claniques qui ont eu lieu ces derniers temps. Certes, l’ancien président Bouteflika est parti. Mais il peut subsister des résidus, assez puissants ma foi, qui œuvrent à déstabiliser l pays, ou à souffler sur les braises mal-éteintes du hirak.

Le président Tebboune lui-même a évoqué maintes fois cette question en parlant de forces rétrogrades qui œuvrent à empêcher cette œuvre de redressement nationale.

Absolument, des oligarques, immensément riches, peuvent aisément faire appel à des professionnels de l’agit-prop et du cyber-activisme. Le livre d’Ahmed Bensaada relatif aux prétendues figures du hirak est une mine d’information sur le sujet.

L’Algérie, comme tous les pays du monde, n’échappe pas à la manipulation de masse des foules. C’est une règle immuable, à laquelle personne ne peut échapper.

Il faut veiller à empêcher ces forces, occultes et/ou visibles, de mener l’Algérie vers une impasse, ou carrément vers le chao. Personnellement, c’est l’inquiétude principale qui me taraude l’esprit. La rue qui bouge et respire, je dis oui. Cette même rue qu’on cherche à récupérer et à manipuler, je dis attention ! il ne faut surtout pas tomber dans ce piège.

Ce livre auquel j’ai consacré une note de lecture assez fournie mérite en effet le détour. Chaque Algérien devrait le lire pour savoir à quoi ou à qui il s’expose quand il sort aveuglément manifester dans la rue…

Fort heureusement, des contre-arguments de taille existent pour mettre en avant cette dynamique nouvelle et constructive dans laquelle est engagée l’Algérie.

Force est de constater qu’il y a reprise du hirak, alors que, sur le plan strictement officiel, l’ensemble de ses revendications ont été satisfaites. À votre avis, qu’est-ce qui n’a pas été fait, qui devrait être fait, pour que la rue daigne se calmer enfin ?

Le cap tracé par le président Tebboune est très clair. Pour le moment, il s’inscrit dans le court terme.

À mon sens, l’exercice auquel il se livre doit être extrêmement compliqué. Le temps de l’action ou de la réaction politique n’est pas celui de la rue. Pratiquement parlant, le président de la République, à cause de sa maladie et de sa convalescence, n’a exercé effectivement le pouvoir que durant quelques mois à peine.

De plus, ce début de mandat a été fortement contrarié par la pandémie de coronavirus. Il faut laisser du temps au président de la République. L’ensemble des décisions qu’il a déjà prises vont toutes dans le bon sens, et vers les vœux formulés par le hirak vrai. Parmi elles, il y a la dissolution de l’APN, la révision de la constitution pour consacrer de manière formelle et irréversible toutes les libertés collectives et individuelles… la sincérité du président de la République ne fait absolument pas de doute pour moi.

Mais, il faut quand même lui laisser plus de temps, car le vrai changement ne se décrète pas. Il faut laisser plus de temps, et ne pas gêner cette marche du changement. Les décisions annoncées par le président Tebboune sont d’une importance capitale. Maintenant que les outils démocratiques sont là, il faut que les Algériens s’en servent. Qu’ils prennent enfin leur destin en main. Il faut profiter des espaces démocratiques qui existent déjà, ou qui ont récemment été mis en place.

La société civile et les divers espaces d’expression démocratique doivent être investis, et totalement repris en main par le peuple. Toutes les bonnes volontés sont sollicitées pour ça. Il est temps de tordre le cou à la politique de la chaise vide. Cette participation et implication massive de tous dans cette œuvre est pour moi un devoir.

Comment voyez-vous le rôle de la diaspora dans cette nouvelle dynamique, vous qui en êtes un des représentants ?

La diaspora algérienne représente une richesse et une expérience qui peut aider à croiser nos regards sur cette nouvelle Algérie qui se dessine. Mon expérience personnelle, en tant que chef d’entreprise et en tant qu’ancien élu en France, peut être mise à contribution pour aider à avancer mieux et plus vite dans le sens voulu par le plus grand nombre d’entre nous.

Il faut absolument mutualiser et capitaliser la richesse et l’expérience que pourrait apporter au pays la diaspora algérienne établie à l’étranger. Il est certain que nous avons des regards différents. Mais ces derniers convergent tous en direction des intérêts suprêmes de l’Algérie. Nous sommes une partie intégrante de la communauté nationale. Toute cette richesse que nous avons construite durant des décennies peut humblement participer à ce projet d’édification de l’Algérie nouvelle dont a parlé le président Tebboune. Nos voix doivent être entendues et prises en compte. C’est extrêmement important.

Le président de la République, dans sa démarche innovante et salvatrice, veut donner leur chance aux jeunes, mais aussi éloigner l’argent sale de l’action politique. Quel rôle comptez-vous jouer lors des importantes joutes électorales à venir ?

Il est de notoriété publique que notre collectif de Lyon suit de très près ce qui se passe en Algérie. Nous y sommes particulièrement sensibles. Petit flash-back pour étayer ce constat. Au moment où l’Algérie sortait de sa terrible décennie noire, nous avons activement mené et animé le débat sur la réconciliation nationale.

Nous même désigné une délégation qui s’est déplacée en Algérie pour animer plusieurs rencontres et expliquer que la réconciliation nationale st la clé de voute de la sortie de crise pour notre pays. Nous avons bien fait. Car cette démarche a pu ra mener la sérénité et la paix en Algérie. On a toujours été inscrits dans cette logique de partage, de débat et de démocratie participative.

L’Algérie nous est chère. On aime l’Algérie. Cet amour de la patrie nous a été inculqué par nos parents depuis notre plus tendre enfance. Personnellement, j’ai fait volontairement mon service national en Algérie. J’ai toujours été un acteur volontaire et sensible par rapport à tout ce qui se passe en Algérie. Donc, la réponse est oui.

Le collectif des citoyens algériens activant en France, constitué d’une cinquantaine de militants structurés, est dans ce même état d’esprit. La communauté algérienne établie en France représente ne force non négligeable. Ces derniers temps, elle a été un peu délaissée. Il est donc temps qu’elle revienne en force, et prenne une part active à cette nouvelle dynamique dont j’ai déjà parlé. Nous tenons à être une partie intégrante de ce nouveau projet national.

À la faveur de la célébration du 45e anniversaire de la création de la RASD, comment voyez-vous l’évolution de la situation sur le terrain depuis la reprise du conflit armé après que le Maroc ait décidé de rompre unilatéralement le cessez-le-feu conclu avec le Polisario en 1991 ?

La commémoration de ce 45e anniversaire de la création de la République arabe sahraouie et démocratique et avant tout une immense victoire pour le peuple sahraoui sur les plans diplomatique, médiatique, politique et même militaire sur la monarchie marocaine. Selon les termes et définitions des lois internationales, le Sahara occidental représente l’ultime colonie en Afrique.

Le droit des peuples à disposer librement et souverainement de leur destin par voie référendaire est inaliénable. Le peuple sahraoui est opprimé, pillé, emprisonné, et même massacré, par l’occupant marocain. Nous, Algériens, de par notre passé de lutte héroïque contre le joug colonial, ne pouvons décemment fermer les yeux face à l’arbitraire qui frappe le peuple sahraoui. Il faut que ce dernier recouvre son indépendance à travers la tenue d’un référendum d’autodétermination, comme accepté par le Maroc en 1991. Mais celui-ci n’a jamais respecté ses engagements.

Les réseaux et lobbies proches du Makhzen œuvrent à empêcher la MINURSO de mener à bien la mission onusienne qui lui a été confiée par les Nations-Unies. J’écrivais, pas plus tard que ce matin, combien la nuit est longue, le soleil e lèvera un jour pour le peuple sahraoui.

Entretien réalisé par Mohamed Abdoun

Bio express de Nasser Khabat :

  • Membre fondateur du collectif des Algériens de Lyon et sa région.
  • Ex-trésorier de l’association Nationale d’Agir pour la citoyenneté. Coordinateur du collectif des amis  du peuple du Sahara occidental
  • Ex-adjoint au maire à la politique de la ville et aux affaires sociales.
  • Coordinateur porte-parole collectif citoyen communauté algérienne établie à Lyon et sa région.

FC-DZ

Source : Mohamed Abdoun – La Patrie New DZ

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