Nouvel an amazigh 2972 : Yennayer rassembleur dans la diversité

Yennayer, qui renvoie avant tout à une fête célébrée dans toutes les régions du pays, n’est pas un jour ordinaire. Les  différentes manières dont on marque cette date révèlent une richesse culinaire mais surtout l’attachement des Algériens à leur histoire et traditions. Nos reporters parlent de la célébration de cet événement à Bejaïa, Oran et Tipasa. Mais ces villes ne font pas exception. Dans ce dossier, on évoque aussi les marchés en effervescence et toutes les actions menées pour sauvegarder un patrimoine, une langue  qui, comme Yennayer, appartiennent  à tous les Algériens.  Un chercheur rappelle aussi la signification de Yennayer dont la particularité est de fédérer et d’inviter  à  partager  et  se tourner vers la terre pour ne jamais oublier ses bienfaits dont on se désintéresse trop souvent.

Les Algériens célèbrent ce mercredi Yennayer, le Nouvel An amazigh, à l’instar de nombreuses nations méditerranéennes et nord-africaines. Une occasion ancestrale qui n’a pris aucune ride et dont la portée demeure intacte tant elle incarne toujours l’esprit de communion identitaire et le sentiment de fraternité intergénérationnelle. Mais pour que nul n’oublie, son intégration parmi les fêtes nationales est le fruit d’un long combat qui fut houleux et tumultueux. En fait, il s’agit d’une revendication populaire qui s’est imposée par sa légitimité et qui a nourri les débats politiques des années durant. Après moult tergiversations, l’Etat a fini par admettre l’évidence.
Il fallait rendre à César ce qui appartient à César. La sentence irrévocable est donc tombée et depuis le 27 décembre 2017, Yennayer est décrété, au grand bonheur de la majorité des Algériens, journée nationale chômée payée. Une reconnaissance implicite de la culture berbère qui intervient, faut-il le souligner, une année après la constitutionnalisation de tamazight en tant que deuxième langue officielle du pays. Le premier jour de Yennayer correspond donc au 12 janvier de chaque année. Il est célébré dans la joie et la liesse dans différentes régions du pays. Les traditions locales resurgissent et rayonnent à nouveau à travers cette occasion qui réunit les foyers autour de repas copieux préparés avec amour et fierté.
Fort heureusement, l’événement occupe aujourd’hui la place qui lui sied au sein de la société, puisqu’il jouit d’une célébration à caractère national. C’est un acquis incontestable qui confirme la volonté de l’Etat à consolider l’identité du peuple dans toutes ses dimensions. Un élan que le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a renforcé à travers de nombreuses orientations visant à intensifier le sentiment d’appartenance à une nation unifiée par ses richesses et ses différences. En plus des programmes sectoriels élaborés à cet effet, le chef de l’Etat ne rate jamais l’occasion de présenter ses vœux aux Algériens à l’occasion du Nouvel An amazigh. Il n’a eu de cesse, d’ailleurs, d’insister sur l’importance de faire fi des obstacles qui empêchent l’amorce du changement escompté et l’émergence de la nouvelle Algérie tant attendue.
Son cheval de bataille : la promotion et la protection des composantes de l’identité nationale. Ce qui a été bel et bien confirmé dans le nouveau plan d’action du gouvernement qui renferme une approche qui accorde une place particulière au référent religieux national et aux langues arabe et amazigh. Ce qui est de nature à solidifier le tissu identitaire de notre nation. Les Algériens se diront donc tous demain Assegwas Ameggaz qui veut dire bonne année en amazigh. Contrairement aux idées reçues, Yennayer ne sera pas célébré uniquement en Kabylie, mais partout en Algérie. On se sent unanimement concerné par cette belle fête qui doit marquer à la fois un changement de saison, mais aussi de… mentalités. Que2972 soit une année de prospérité pour notre pays.
Karima Alloun

horizons.dz

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