Décédé en juin 2003 : El Badji, l’auteur des merveilles du chaâbi

Des chansons incontournables dans toutes les soirées interminables que le public finissait, inévitablement, par réclamer quand l'artiste omettait l'une d'elles

On attribue très souvent, à tort, les textes et les musiques du style chaâbi à leurs interprètes. Surtout quand ces derniers sont des sommités de la trempe de Amar Ezzahi, El Hachemi Guerouabi, Boudjemaâ El Ankis, etc. Les mélomanes, non avertis, ne savent pas que derrière chaque chef-d’oeuvre musical et poétique de la chanson chaâbie, il y a un géant de la création dont on ne parle que très rarement. Il s’agit des auteurs compositeurs de ces textes immortels et de ces musiques envoutantes. Dans leur majorité, les artistes suscités et bien d’autres ne rataient pas l’occasion de citer les noms des auteurs des chansons qu’ils interprètent. Ils leur rendaient hommage aussi. Mais malgré cette attention, ils demeurent dans l’ombre. L’un de ces monuments incontestables est Mohamed El Badji qui a contribué à hisser le chaâbi à son plus haut niveau. Il est l’auteur de chansons que l’on peut qualifier, aujourd’hui, de merveilles du chaâbi. Il s’agit de chansons magiques, qui ont marqué à vie les esprits et qui ont été chantées par toutes les sommités du chaâbi. Des chansons incontournables dans toutes les soirées interminables qu’animaient ces géants et que le public finissait inévitablement par réclamer quand l’artiste omettait l’une d’elles.

Parmi les merveilles d’El Badji, qui ne connait pas «Ya bhar ettouffane»? Cette chanson est une merveille à tous point de vue et ce, en dépit de la tristesse, voire de la mélancolie qu’elle dégage à cause de son thème. Le fils de Frais-Vallon (El Biar) qui a grandi à El Mouradia, est aussi l’auteur de l’inénarrable chanson, également teintée de douleur, «Ya lmaqnin ezzine». Sans compter tous les autres titres qui ont fait le bonheur aussi bien des maîtres du chaâbi que des mélomanes et mordus de ce style très prisé, surtout dans l’Algérois. C’est le cas de la chanson «El Khatem» qui revient également sur toutes les lèvres des artistes chaâbi. Le chaâbi doit beaucoup à Mohamed Badji car sans lui et tant d’autres compositeurs de l’ombre, à l’instar du monstre sacré Mahboub Bati et bien d’autres encore moins connus et très peu médiatisés, le chaâbi n’aurait jamais pu atteindre les cimes qu’il a pu conquérir ni l’infini public qu’il a fait tomber sous son charme en dépit de la concurrence féroce des autres styles musicaux destinés surtout aux jeunes. Mohamed Badji est décédé le 28 juin 2003 à l’âge de 70 ans.

Aomar Mohellibi

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