L’Algérie, locomotive continentale

« La Révolution, c’est comme une bicyclette : quand elle n’avance plus, elle tombe. » Ernesto « Che » Guevara
1) Hier l’indépendance, aujourd’hui la souveraineté
Chaque génération doit apporter sa contribution pour la défense, la promotion, la prospérité de sa patrie. Nos illustres aînés ont combattu et défait la 4ème puissance mondiale pour arracher notre indépendance et recouvrer notre souveraineté.
Nous avons, quant à nous, jeunes et moins jeunes, le devoir de préserver cette indépendance et lutter pour notre souveraineté, car il ne fait aucun doute que de nombreux ennemis s’évertuent à mettre à bas l’exemple algérien afin qu’il ne soit pris en modèle.
Une véritable entreprise de sape contre la cohésion sociale a été mise en oeuvre, divers leviers ont été actionnés afin de manipuler une partie de la population : la religion (printemps arabe ou décennie noire), les « particularismes » régionaux (printemps berbère), etc. Le pays ainsi divisé serait, du point de vue des think tanks occidentaux, susceptible d’être démembré et donc spoliable à souhait.
Fort heureusement, l’Algérie est un État, avec ses institutions (en première ligne desquelles l’ANP, garante de notre sécurité et de notre intégrité territoriale) et une Histoire multimillenaire, n’en déplaise à certains esprits fielleux et nostalgiques d’un empire colonial, symbole d’un âge d’or et d’une gloire aussi violents qu’éphémères.
D’ailleurs tout un discours, toute une rethorique mythifiant ce bref épisode de l’histoire se sont invités dans le débat pré-électoral français et ont ravivé les vieux démons et velléités néocoloniales sur fond de tensions notamment avec l’Algérie.
Ainsi suivant ce logiciel fossilisé, l’Algérie en particulier et l’Afrique en général n’ont pas d’histoire et doivent l’existence de leurs états aux colons, exhumant au passage le concept médiéval de terra nullius. Ils croient ainsi justifier la réoccupation des anciennes colonies qui leur reviennent de droit puisqu’ils les ont créés.
Ils se gardent bien évidemment de rappeler que l’Afrique est à l’origine de l’humanité, dont l’un des berceau se situe précisément en Algérie. Et par conséquent, notre histoire a débuté quelques centaines de milliers, voire des millions d’années, soit bien avant que l’ominidé européen ait tout bonnement vu le jour.
Toutefois, force est de constater qu’il ne s’agit pas là des simples éléments de langage. L’offensive néocoloniale a effectivement cours sur le terrain. Il suffit d’observer les mouvements de troupes occidentales dans le continent et notamment tout autour de notre territoire, où des bases de l’OTAN se sont implantées sous couvert de lutte contre le terrorisme. Terrorisme que les africains ne peuvent pas combattre puisqu’ils n’ont pas d’État, n’est-ce pas ?
2) L’anti-impérialisme : une tradition ou composante de l’ADN algérienne 
Qu’on ne s’y méprenne pas, l’Algérie a été autrefois l’écueil sur lequel s’est échoué le colonialisme, elle le sera encore contre l’offensive occidentale actuelle pour reprendre pied sur le continent.
En fermant l’espace aérien aux avions militaires français, elle a signifié son opposition aux politiques néocoloniales des prédateurs traditionnels et a donné un signal fort à l’intention de la résistance panafricaine.
Ainsi, comme dans les années 60-70, l’Algérie s’est rangée du côté de la résistance, c’est-à-dire du droit et de la justice, ce qui n’a pas manqué de forger ce caractère, cette fierté toute particulière du peuple algérien car cette position de principe, en accord avec les valeurs humanistes, nous place du bon côté de l’Histoire.
A en juger par les réactions de nos frères du continent suite à ce coup de semences (l’interdiction de survol), il apparaît que ce retour du géant africain était ardemment attendu et que l’on porte désormais tous les espoirs sur le réveil du plus grand pays d’Afrique. La Révolution est donc en marche.
3) Les non-alignés en ordre de bataille
Forte de cette aura recouvrée et du mouvement de sympathie de l’opinion publique africaine, l’Algérie est toute désignée pour organiser un sommet africain au CIC sur le thème de la paix et  l’intégration interafricaine pour une prospérité partagée, avec la participation des BRICS et des non-alignés.
Nous présenterions notre vision d’une Afrique forte et prospère, qui est au coeur d’enjeux économiques et géostratégiques, ainsi que les voies et moyens pour son développement dans un partenariat gagnant-gagnant.
Le sommet sera l’occasion pour l’Algérie de présenter son expérience concernant la lutte contre le terrorisme et également de proposer son expertise dans divers domaines (énergie, transport, santé,etc)
4) Une vision, un programme 
Pour un pays comme l’Algérie, il lui faut concevoir un programme ambitieux aux dimensions d’un continent avec des projets prestigieux :
 Industrie aérospatiale
– un programme (aéro)spatial dans l’objectif de construire nos avions civiles  (légitime pour un vaste territoire), militaires (indépendance et souveraineté) et de lancer nos satellites à partir de notre sol avec nos propres moyens, et pourquoi pas envoyer dans l’espace le 1er Algérien (il n’y a aucun ridicule à avoir de grandes ambitions dont le peuple serait fier). Ces produits et services seraient exportés vers les pays du continent.
Construction d’au moins un observatoire astronomique de dimension mondiale.
Santé : 
– relancer le projet de 4ème pôle biotechnologique du monde à Sidi Abdelah ainsi que construction de matériel médical de haute technologie (scanner, etc). Ce projet devra être présenté à l’occasion du sommet africain d’Alger, où l’on relèverait la pertinence et l’intérêt pour assurer l’autosuffisance du continent.
– construction d’hôpitaux, cliniques etc dans les pays africains avec un savoir-faire algérien
TIC
– créer une Silicon Valley algérienne dans les environs du technoparc de Sidi Abdallah. Un projet relativement aisé à concrétiser dans la mesure où nous disposons d’une importante diaspora exerçant aux USA et dont un certain nombre se dit partie prenante.
Énergie
– électrification du continent
– expertise algérienne dans l’exploration, l’extraction et la transformation des hydrocarbures et autres matières premières.
– une industrie des énergies renouvelables : créer un pôle continental en Algérie dans le photovoltaïque, l’éolien, le nucléaire pour attirer les compétences et les investisseurs
Plateforme logistique
– développer le transport routier, aérien, naval (construction navale, infrastructures portuaires d’envergure) notamment le chemin de fer, celui-ci ayant été à la base du développement industriel de nombreux pays à l’instar de ligne est-ouest américaine (construite par les chinois à la fin du 19ème siècle), le transsibérien, etc.
– raccorder les champs pétroliers et gaziers des pays voisins aux oléoducs et gazoducs algériens pour leur acheminement vers l’Europe et et le reste du monde.
– développer les villes frontalières en centres logistiques
L’objectif est de faire de l’Algérie une véritable plateforme logistique indispensable pour le continent, permettant par la même occasion de désenclaver certains pays de la région.
Arts et culture
– promouvoir les arts et les lettres : relancer le festival panafricain et créer d’autres manifestations culturelles (peintures, sculptures, musique, cinéma, bd, etc) pour redynamiser l’intégration et les échanges culturels interafricains.
– créer une véritable industrie cinématographique susceptible de projeter une image positive de l’Algérie aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays.
La création de studios de doublage serait vivement recommandée.
– marquer les esprits en lançant la plus grande librairie d’Afrique, à l’image de l’Iran qui avait inauguré la plus grande librairie du monde après celle de New-York.
De tout temps, l’apport des perses dans les sciences, la littérature, la poésie (liturgique ou profane), etc, a figuré en bonne place dans l’histoire de l’humanité. Et ceci n’est certes pas dû au hasard, non plus le fait qu’aujourd’hui l’Iran est incontestablement une puissance qui compte dans le concert des nations.
Le livre, la culture livresque sont le baromètre permettant de jauger de la santé et de la créativité artistiques, scientifiques d’un peuple et sont susceptibles de déterminer son avenir.
Ce n’est pas tant par vanité des superlatifs, mais le plus grand pays du continent, abritant la plus grande mosquée ne se doit-il pas également de mettre tout en oeuvre pour ce projet qui contribuera à édifier et propulser notre pays dans une nouvelle ère, celle de la nouvelle Algérie.
Nous sommes convaincus que ces grands projets ne constituent pas des dépenses somptuaires : le savoir n’est pas un luxe, il est une nécessité, un devoir pour une nation soucieuse de sa pérennité et de son devenir.
5) Un grand pays, un grand peuple
Ces projets constitueraient des signaux forts et positifs pour attirer les compétences disséminées dans tous les horizons, car le génie algérien existe dans tous les domaines. Ils sont susceptibles également de drainer d’autres compétences africaines, voire d’autres continents.
Car ce sont les utopies, les idéaux qui font les grand(e)s hommes et femmes, qui galvanisent et mobilisent les peuples pour accomplir de grandes oeuvres.
Les Algériennes et les Algériens ont toujours répondu à l’appel de leur patrie dans les moments cruciaux. L’idéal révolutionnaire, autrefois, nous a propulsé dans l’Histoire des grandes nations par la grande porte, à l’avant-garde de la résistance.
L’Algérie pourra toujours, aujourd’hui et demain, compter sur ses enfants qui seront encore au rendez-vous pour faire de leur pays, une grande puissance et un phare pour les autres nations.

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