Un soutien affiché à l’adhésion de l’Algérie aux BRICS

En plus de la Chine et de la Russie, l’Algérie peut d’ores et déjà compter sur le soutien du Congrès national africain (ANC), parti au pouvoir en Afrique du Sud pour soutenir sa demande d’adhésion aux BRICS.

L’Algérie devrait connaître la suite réservée à sa demande d’adhésion au groupe des Brics qui comprend le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud avant la fin de l’année. L’annonce a été faite durant le week-end par la ministre sud-africaine des Affaires étrangères, Naledi Pandor. «Un certain nombre de pays ont demandé de rejoindre le bloc des BRICS sous la présidence de la Chine. Nous devons maintenant nous pencher sur ces demandes et cet intérêt très important pour l’élargissement du groupe », a-t-elle déclaré lors d’une conférence de presse à Johannesburg. «Vers la fin de la présidence de l’Afrique du Sud, nous serons en mesure d’indiquer si nous nous élargissons et qui fera partie d’un BRICS Plus ou de tout autre format », a ajouté la ministre, dont le pays a pris la présidence tournante du groupe depuis le 1er janvier 2023.

Naledi Pandor a indiqué à l’occasion que de nombreux pays s’intéressent au groupe des BRICS et à l’approche que ses membres défendent. Les BRICS sont perçus comme une alternative au monde unipolaire dominé par les Etats-Unis. Plus de membres augmenterait par ailleurs le rôle du groupe en tant que contrepoids à l’Occident. «Le monde évolue de manière très inquiétante. Les pays sont à la recherche de partenaires partageant les mêmes idées dans le monde entier. De nombreux pays constatent que l’approche des BRICS est celle à laquelle ils aimeraient adhérer », a fait remarquer la responsable sud-africaine.

Pour le moment, il est difficile de savoir si la demande de l’Algérie sera acceptée ou non. Une chose paraît certaine, les Algériens peuvent d’ores et déjà compter sur le soutien du Congrès national africain (ANC). Le parti au pouvoir en Afrique du Sud a déjà commencé à mettre la pression sur le président Cyril Ramaphosa pour qu’il élargisse les BRICS à de nouveaux membres et qu’il fasse en sorte que les relations entre les pays BRICS et les États membres de la Zone de libre-échange continentale africaine soient renforcées. Le président sud-africain compte visiblement aller dans ce sens puisqu’il a déclaré la semaine dernière que d’autres nations africaines seront invitées au sommet qu’il accueillera cette année.

Le soutien de l’ANC

L’Algérie n’est pas le seul pays à vouloir les BRICS. L’Argentine et l’Iran ont également officiellement déposé des demandes d’adhésion. L’Arabie Saoudite, l’Egypte et la Turquie ont également exprimé leur intérêt pour une adhésion à la coalition. Mais jusqu’ici et contrairement à l’Algérie ils n’ont pas déposé de demandes officielles. L’idée de l’élargissement du bloc des BRICS est venue de la Chine. Le ministère chinois des Affaires étrangères avait d’ailleurs annoncé, début mai dernier, le début d’un processus d’élargissement du groupe des BRICS.La Chine est également le premier pays à avoir soutenu la demande d’adhésion de l’Algérie. « La Chine soutient l’Algérie qui assure actuellement la présidence tournante de la Ligue arabe et accueille favorablement sa volonté d’adhésion à la famille des BRICS », a déclaré Wang Yi à Xinhua, à l’issue de sa rencontre avec le ministre des Affaires étrangères, Ramtane Lamamra, en marge de la 77e session de l’Assemblée générale de l’ONU. Le chef de la diplomatie chinoise a également indiqué que Pékin appréciait le soutien apporté par Alger à l’Initiative pour le développement mondial (IDM), proposée par le président chinois Xi Jinping en septembre 2021, tout en notant que l’Algérie est « un grand pays en développement et un représentant des économies émergentes ».

L’Algérie a annoncé le 7 novembre dernier avoir officiellement déposé une demande d’adhésion au groupe des BRICS. «Nous avons déposé notre demande qui est appuyée par la Chine et la Russie», avait déclaré Leila Zerrouki, envoyée spéciale chargée des grands partenariats internationaux au ministère algérien des Affaires étrangères et de la communauté nationale à l’étranger sur les ondes de la Radio algérienne. «Lors de la dernière réunion des BRICS à laquelle le président de la République Abdelmadjid Tebboune a été convié avec d’autres chefs d’États, une décision a été prise pour ouvrir les portes de l’adhésion à de nouveaux pays», a-t-elle ajouté.

C’est en juillet dernier que le président Abdelmadjid Tebboune avait exprimé l’intérêt de l’Algérie pour les BRICS. « Cela est envisageable, mais n’anticipons pas. Ce qui est sûr, c’est qu’il y aura de bonnes nouvelles. […] l’Algérie s’intéresse aux BRICS, en ce qu’ils constituent une puissance économique et politique », avait-il fait savoir. Il a également précisé que cela « mettrait l’Algérie, pays pionnier du non-alignement, à l’abri des tiraillements entre deux pôles ». Le groupe des BRICS, rappelle-t-on, représente 42 % de la population de la planète (3,2 milliards de personnes) et environ 25 % du produit intérieur brut (PIB) mondial. Le groupe, qui a créé en 2014 sa propre banque de développement pour tenter de bousculer l’architecture financière mondiale dessinée par les accords de Bretton Woods, s’efforce désormais de jouer un rôle prépondérant dans la gouvernance mondiale.

Khider Larbi, In La Sentinelle.

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